TERRE D'ACCUEIL
« Ici, le tourisme n’est pas une “industrie” ; c’est une vocation naturelle, un plaisir de recevoir et d’échanger hérité des temps anciens. Il existe de nombreuses structures d’accueil où dominent petits hôtels familiaux, chambres et tables d’hôtes. Toutes portent cette empreinte si généreuse due au climat, aux paysages, à l’histoire… et à la légende.
« L’amoureux du pays ne vient y chercher d’autre agitation que celle des marchés, si odorants et colorés, ou du bistrot sous les platanes de la place, à l’heure de l’apéritif et des parties de boules.
« En toutes saisons, les charmes du pays de Dieulefit s’offrent à ceux qui prennent le temps de regarder, de toucher et de sentir… À pied, à cheval ou en V.T.T., les randonneurs ont à leur disposition de nombreux sentiers balisés. »
TERRE DE CONTRASTES
« Ce n’est plus le Dauphiné et ce n’est pas encore la Provence. C’est la “Drôme provençale”. Bien plus, c’est un pays à part entière : celui de Dieulefit…
« L’olivier est un peu plus au sud, à peine vingt kilomètres par des routes sinueuses qui laissent le temps d’apprécier la lente transition. Ici, l’arbre totem, comme tourmenté encore par les convulsions cosmiques, c’est le châtaigner qui pousse dans les collines, au-dessus des champs de lavande qui ondulent et des chênes truffiers. La vigne aussi est légèrement plus au sud, donnant ainsi le plaisir d’aller quérir un Vinsobres – par exemple – comme l’on descend, invité privilégié, dans la cave d’un ami.
« À l’ouest, la vallée du Rhône est si proche que l’on pourrait presque humer le parfum du nougat de Montélimar et entendre résonner au loin l’appel sauvage de l’Ardèche. Immédiatement au nord, c’est le vert Dauphiné, avec les premiers contreforts du Vercors, tandis qu’à l’est les montagnes se font peu à peu majestueuses, comme sentant venir les Alpes. C’est le royaume des chèvres et le paradis des randonneurs. Aux plantes aromatiques se mêlent les orchidées sauvages, et, très haut dans le ciel pur, les aigles surveillent les chamois. Des collines et des montagnes descendent des ruisseaux qui viennent grossir de leurs eaux claires et fraîches les rivières qui coulent paisiblement au fond des vallées et dont les ombrages dissimulent à peine les truites farouches.
« Ici, les quatre saisons sont comme autant de tableaux qui incitent à la contemplation. Aquéu païs Diòu lou faguèt e l’amarés coumo lou paradis, dit, en belle langue provençale, la légende du pays de Dieulefit. »
TERRE DE BIEN-ÊTRE
« À la douceur des paysages s’ajoute celle du climat : ici, l’été est chaud et ensoleillé, mais rarement caniculaire ; l’air est pur et sec, favorable au repos et au sommeil. Dès le Moyen Âge, les hommes sont venus ici pour retrouver la santé. Aujourd’hui encore, le pays de Dieulefit est un lieu privilégié, particulièrement réputé pour le traitement des affections respiratoires et cardiaques. »
TERRE DE LIBERTE
« Ce pays protégé était prédestiné à servir de terre d’accueil à tous ceux qui fuyaient les troubles du temps. C’est l’une des régions de France où les Protestants sont nombreux. Ici, chaque village ou presque possède et son temple et son église. Les bois et les montagnes alentours conservent encore le souvenir des assemblées du “Désert”, au temps des persécutions.
« Cette tradition de tolérance et le relief particulier du pays jouèrent un rôle considérable de 1940 à 1944. Plus de 1 500 réfugiés (républicains espagnols, juifs, communistes, etc.) trouvèrent ici un havre de sécurité, avec, dans leurs rangs, de nombreux artistes et intellectuels de renommée internationale. »
« En juillet 42, aux plus sombres heures de France, merci aux fées de Beauvallon de tranquillement démontrer qu’il n’y a aucune raison de désespérer de l’homme et de ses possibilités infinies, d’assurer cet avenir qui vaut qu’on meure, puisqu’il nous assure que la France vivra. » Louis ARAGON, Livre d’Or de l’école de Beauvallon (Dieulefit), 5 juillet 1942.
« Dieulefit […] fut sous l’Occupation une des capitales intellectuelles de la France. » Pierre VIDAL-NAQUET, in revue Esprit, n° 1, 1988.
TERRE
D'HISTOIRE
« L’empreinte de l’histoire se découvre au sommet des collines comme au détour des ruelles des nombreux vieux villages : ruines de forteresses, chapelles romanes, petits hôtels particuliers des chevaliers Hospitaliers ou humbles demeures aux fenêtres à meneaux et linteaux de portes à accolade…
« L’on est saisi de respect devant l’architecture cosmique de l’église de Comps ou les ruines romantiques du prieuré d’Aleyrac. La force sauvage qui émane de ces sites semble ressusciter les temps héroïques où de preux chevaliers partaient en Terre Sainte ou en quête des mystères du Saint Graal.
TERRE GOURMANDE
« Les nombreuses chèvres que le promeneur rencontre dans l’arrière-pays ont pour mission de produire le fameux “Picodon Dieulefit”. Ce délicieux fromage est ici l’objet d’un véritable culte : l’on est ou l’on est pas “initié” à ses subtilités. C’est qu’il ne s’agit pas d’un chèvre ordinaire : “affiné-lavé”, il est le résultat d’une véritable alchimie entre les saisons et les pâturages.
« L’hiver, il serait sacrilège pour le gastronome de ne pas goûter aux délices d’une omelette aux truffes (dont c’est, à deux pas, la plus importante région de récolte). Agneaux des Préalpes, olives noires de Nyons, nougats de Montélimar et aromates provençaux viennent se joindre aux Picodons et aux truffes pour composer une symphonie du goût. »
TERRE DES ARTS (Poteries)
« La tradition de la poterie dans le pays de Dieulefit remonte loin dans le passé : les fouilles archéologiques ont livré des vestiges de fours et de poteries datant de l’époque gallo-romaine. L’apogée de cet artisanat eut lieu au XIXe siècle : plus de cent ateliers dans la seule vallée du Jabron… La terre et l’ocre étaient alors extraits des “Vitrouillères”, un site d’une étrange beauté. Les coloris dominants étaient le vert et le jaune, en d’infinies et subtiles nuances.
« La poterie d’art attendra les années 1925, au moment où décline l’activité industrielle, pour investir les lieux et donner un souffle nouveau à la terre, sous l’impulsion d’Étienne Noel, un artiste polyvalent et fécond.
« Aujourd’hui, au gré des ruelles et des villages du pays de Dieulefit, de nombreux ateliers perpétuent avec talent cette longue tradition. »
« D’autres artistes et artisans d’art ont élu ce pays. Toute l’année, d’ateliers en galeries, le flâneur découvre des créations originales. Concerts et spectacles sont nombreux et nous sommes tout près d’Avignon qui festivale, de Crest qui jazze et de Saou qui chante Mozart. Sans oublier les féériques “Fêtes Nocturnes” de Grignan, chez Madame de Sévigné. »
« Terre de sensibilité profonde et pudique, pénétrée loin par la conscience, méditée, retenue longtemps, jusqu’à ne se distinguer de l’esprit. » Pierre EMMANUEL, Qui est cet homme ? 1947
Ce texte est extrait et adapté du document conçu, rédigé et réalisé en 1996 pour l’Office de Tourisme du Pays de Dieulefit par Jean-Michel Mathonière.
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